C comme Croyance

croyanceNous sommes tous attachés à des croyances. Elles nous viennent de notre plus tendre enfance, de notre éducation religieuse, du cercle familial, amical, social et même des médias…

Quand bien même nous ne les avons pas expérimentées ou qu’elles ne sont pas le fruit de notre propre réflexion, elles se sont installées confortablement dans notre tête, ancrées dans notre cerveau dès notre plus jeune âge. Elles peuvent devenir des vérités à nos yeux et sont alors indécrottables.

Il fallait nous identifier, petits, à une tribu qui nous plaisait afin d’exister à travers elle. Nous avons adopté ses croyances pour être accepté, pour nous fondre dans la masse et ne pas être jugés inaptes et différents. Au fil des années, nous nous sommes forgé des idées sur tout, en nous appuyant sur des croyances ancestrales ou sociales. Celles-ci nous influencent quotidiennement dans nos choix de vie, tandis que nous ne les avons pas remises en question ni confrontées à notre réalité d’aujourd’hui. A chaque instant, à notre insu, ce système de pensées que nous avons adopté naturellement nous dirige.

Adultes, nous avons une vision de la vie différente de celle de nos collègues, de notre patron, de nos amis, et des étrangers que nous rencontrons… Notre vécu et nos héritages divergent. Nous sommes une communauté d’êtres humains égaux à la naissance, dotés d’un libre arbitre, certes, mais qui ont développé des idées différentes d’un pays à l’autre, d’une ville à l’autre, d’une famille à l’autre, d’une couleur de peau  à l’autre. Tant que nous ne prenons pas conscience de nos croyances, celles-ci influencent nos choix, nos rencontres, notre vie, notre manière de penser… Nous avons du mal à communiquer avec sincérité avec les autres, à leur montrer notre vrai visage. Nous continuons à jouer la comédie et à attirer inconsciemment des personnes qui ont les mêmes croyances que nous ou bien nous adoptons les leurs afin de passer inaperçus.

Notre croyance : Il est bon de se marier et de fonder une famille. « J’ai 30 ans, je ne suis toujours pas marié, je suis anormale. »

Notre croyance : Si tu gagnes moins de 4000 euros par mois, tu es un moins que rien.

« Je gagne très bien ma vie, je suis quelqu’un de respectable »

Notre croyance : Si tu te positionnes face à quelqu’un qui a autorité, tu vas te faire écraser.

«Dès qu’il y a une dispute autour de moi, je fuis immédiatement dans la pièce voisine. »

Ne pas reconnaître que nous avons des croyances singulières, c’est restreindre le monde à son propre univers. C’est tourner en rond longtemps dans ses ratiocinations en se donnant raison ad vitam aeternam. C’est devenir victime de la vie et nier ses responsabilités.

S’accrocher à ses croyances, c’est être intolérant à la différence, à l’unicité, c’est ne pas se reconnaître comme unique au milieu d’autres êtres uniques. Se cloisonner dans ses croyances nous empêche de nous ouvrir à d’autres systèmes de pensée et de remettre en question les nôtres pour évoluer. S’enfermer dans nos croyances nous fait vivre dans un monde très restreint, nous rend facilement manipulables et nous interdit de penser différemment.

Nous passons vite notre temps à juger de ce qui est bon ou mauvais. Le fonctionnement devient très linéaire :

« Vous pensez comme moi, c’est bien. Vous pensez différemment, ce n’est pas bien. »

Nous restons coincés dans une vision du bien et du mal où nous devenons le référent, un mini Dieu qui sait ce qui est bon et mauvais pour tout le monde. Nous ne sommes plus branchés à nos émotions ni à notre cœur mais à notre raison. Nous devenons  de plus en plus insensibles.

Lâcher nos croyances nous ouvre le cœur et les yeux sur l’immensité de l’Univers, sa diversité et sa vérité. Nous tolérons les différences. Prendre conscience de ses croyances et y renoncer nous permet de trouver nos propres valeurs humaines. Nous acceptons la différence comme une normalité et non comme une déficience et un désordre de la pensée. Notre cœur peut régner sur nos pensées et le monde devient plus doux. Nous nous approchons de la vérité.

2 commentaires sur “C comme Croyance

  1. Bonjour Marie-Lore, merci …..

    J’ai perdu mes croyances à la mort de mon frère à ma post adolescence ; premier délestage, vide intersidéral à tel point que je ne croyais pas que ce vide puisse exister et pourtant bien là, lui …)
    Quelques années plus tard j’ai rencontré des personnes formidables et magnifiques complètement à l’inverse de mon éducation : deuxième délestage…..
    Positif cela, je ne serai pas ce que je suis sans cet évènement et ses rencontres qui ont questionné ma vie, m’ont fait me regarder….
    Je suis donc sortie de mes croyances, j’y ai renoncé mais à ton article Marie-Lore, je préciserai que ce renoncement doit être bienveillant car j’y ai mis de la culpabilité inconsciemment et que ceci n’est pas bon du tout….ce renoncement doit être amical et plein d’indulgence et de respect envers soi même.
    Car le souci pour moi a été et reste encore la culpabilité qui a sorti son lasso de meurtrissure, un peu plus lacérant au fil du temps…lorsqu’on en prends conscience , elle agit encore mais le regard qu’on peut lui porter nous permet de la poser comme “une chose” qui existe en dehors de ce que nous sommes vraiment. Ce regard doit être aussi souvent là …pour qu’il y ait effet…je crois…C comme culpabilité…!

    Merci Marie-Lore pour tes écrits qui aident au délestage…

    Marie

  2. Comment parler de libre arbitre quand les croyances sont, pour la plupart, des barrières, des défenses érigées par nous même pour nous protéger d’ une réalité qui ne nous convenait pas et pourtant que nous avons acceptée par loyauté invisible.

    La loyauté invisible est inconsciente, transmise d’ inconscient à inconscient pour être libérée ou pas.
    Le libre arbitre serait pour moi “j’ écoute en premier la part de moi qui a dit oui à cette croyance avant, ailleurs et je sens en moi si je suis encore OK avec elle.
    Si je suis en paix, c’ est OK et mon corps me le dit et non mon mental,
    Si je ne le suis pas, mon corps me parlera.7
    Si je m’ écoutais, je m’ entendais parler de mes loyautés, celles auquelles je continue de m’ accrocher désespérément par loyauté invisible.
    J’ ai à apprendre à désobéir à des croyances pour être au plus près de qui je suis quand je suis en paix .
    Merci beaucoup pour nous donner l’ occasion de permettre ce partage.

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