Dépendance à la voyance?

Le besoin d’être rassuré

Ce matin en faisant ma traditionnelle revue de presse au Relais H de la gare, je suis tombée par hasard sur un article d’une magazine féminin…

Et la base-line de l’article :

“Lisa, 27 ans, a tout pour être heureuse, un travail, un amoureux, ….Mais poussée par le besoin d’être rassurée, elle consulte des voyantes plusieurs fois par mois.”

Mise à part la dramatique photo culte montée de toute pièce avec une voyante et sa boule de cristal…. Un psychiatre,” le spécialiste”, a partagé sa pensée et disait:

“Entre une personne et son voyant, il peut y avoir une relation d’emprise Le danger est important: 

On peut penser que l’on est victime d’un destin bien déterminé à l’avance et que notre vie ne nous appartient pas. En outre il peut y avoir un risque d’emprise entre la personne et son voyant. Et ce n’est jamais bon. Cela voudrait dire que la personne ferait les choix important de sa vie , non pas en son nom, mais en fonction d’un tiers. Le problème n’est pas la voyance, mais la relation de dépendance avec les voyantes. “

(….)Je lui suggère une thérapie par la concurrence en réinvestissant émotionnellement d’autres personnes de son entourage. Elle doit faire en sorte qu’il n”y est pas que sa voyante dans son univers personnel.”

La jeune femme elle racontait longuement sa démarche chez les voyants:

“A 16 ans, je lisais tous les semaines mon horoscope quand je feuilletais un magazine. Mon père était malade, je traversais une période difficile, je me suis dit “Et pourquoi ne pas essayer la voyance?”

“Elle a décrit mon caractère avec précision. Elle a évoqué mon avenir professionnel. Lorsque j’ai raccroché j’étais à la fois effrayée par tout ce qu’elle avait dit et en même temps apaisée. .”

“Je n’aime pas parler de mes problèmes avec mon entourage, consulter des voyants est le moyen d’échanger avec des personnes extérieures, ceux qui ne portent aucun jugement sur moi.

“C’est quelque chose qui m’aide à avancer et, même lorsque l’on me prédit des choses négatives, cela m’encourage à ne pas baisser les bars face à l’épreuve et à toujours aller de l’avant. Après tout cela certains demandent conseil à leurs amis, d’autres mettent leur argent dans des consultations hebdomadaires chez le psy, moi j’appelle ma voyante. Elle a un peu la même fonction pour moi. “

J’avais commencé par lire l’encadré avec la pensée du spécialiste, le psy. Aux dires du psy, on sentait effectivement une dépendance dangereuse avec cette idée de destin figé et de ne décider de sa vie qu’en fonction des paroles de l’autre.

Et à la lecture du récit de cette jeune femme, j’y lisait plutôt un besoin d’accompagnement extérieur éclairant et bienveillant sur ses problèmes du quotidien.

Elle évoquait aussi la différence entre la consultation chez sa voyante à 65 euros qui refuse de lui faire plus d’une consultations tous les 2 ou 3 mois si besoin est et ses appels téléphoniques à des audio-tels à 300 ou 400 euros la consultation. Le magazine féminin laisse flotter une confusion entre les deux. On mélange encore tous, les voyants indépendants et les audiotels dans lesquels travaillent des pseudo voyants avec de faux nom pour le compte d’une société qui les rémunère à la minute dont le but est uniquement de gagner de l’argent sur la misère du monde. Ils ont donc tout intérêt pour arrondir leur fin de mois de garder la personne en ligne le plus longtemps possible. Mais ceci est un autre sujet et sans doute LE VRAI SOUCIS dans le monde de la voyance depuis longtemps décrié dont aucun magazine n’abordent le sujet. Ils sont eux mêmes à l’origine de la création de nombreux audiotels pour cette manne financière soit dit en passant et mettent en avant horoscopes et prévisions en tous genres dans leur magazine pour perpétuer ce besoin et soulever une demande…

Le vrai problème avec la voyance se situent donc à quel niveau?

J’ai fait un sondage il y a un mois environ sur mon site voyance-autrement concernant vos fréquentations de voyants, astrologues et psychologues. Vous êtes 15% à consulter un psy et 45% un astrologue ou un voyants et donc au moins 30% à n’avoir jamais consulter ni les uns ni les autres…

Vous venez lire parfois pendant des mois ou des années mes blogs et sites avant de venir pour la première fois me consulter. Vous ne faites pas n’importe quoi, n’importe comment, je peux m’en rendre compte maintenant après avoir reçu ces milliers de consultants dont 80 %  n’avait jamais consulté de voyant précédemment.

J’ai souvent lu des articles de presse et vu des émissions qui parlaient de dépendance à la voyance. C’est vrai des personnes peuvent ressentir le besoin de venir souvent consulter, comme ils éprouvent le besoin d’aller consulter leur psy toutes les semaines et même parfois tous les jours.

Alors dépendance? Besoin d’être rassuré? Absence de responsabilités du consulté?

J’ai commencé en 2008 après 10 ans de voyances, des rendez-vous de coaching. Je reçois une fois par mois environ, certaines personnes en rdv individuel. Ce choix d’accompagnement a suivi ma compréhension du besoin de chacun d’avoir une autorité extérieure bienveillante qui donne son ressenti sur une problématique.

Nous voyants, astrologues, psy, thérapeutes, nous remplaçons les parents, les éducateurs. On vient chercher un écho, un regard extérieurs sur ses problèmes et avoir un avis pour nous aider à nous décider, pour se dire qu’on ne fait pas n’importe quoi, pour avoir l’aval d’une autorité. On vient tout simplement chercher ce qu’on a pas eu de nos parents, un aval, un regard bienveillant, un encouragement ou un accompagnement à nous faire confiance. Certains thérapeutes ont bien compris se besoin de réapprendre à l’autre à avoir confiance en lui. Notre confiance en l’autre l’aide souvent à se sentir à la hauteur. L’accompagner à avoir des outils pour se sentir mieux est une seconde étape, puis aider à mettre une constance dans sa prise en main est la dernière étape avant l’indépendance (à mes yeux).

Apprendre à se faire confiance

Et mon travail est devenu celui ci. Je ne voulais plus remplacer le parents absent mais accompagner chacun à s’écouter et se faire confiance.

Pour moi, les vrais problèmes et solutions sont là, d’un coté la déresponsabilisation dont a été victime chacun de nous par nes parents, le manque d’encadrement et de protection pour nous amener dans notre indépendance et de l’autre coté, l’envie de chacun de se sentir sûr de lui, en confiance, sans jugement et libre de ses choix.

Sans travail sur soi, sans reconnexion avec soi, on ira toutes sa vie consulter des psy, des amis, des voyants, des astrologues, des médecins de familles, des instituteurs, des maîtres en tous genre pour avoir ce regard extérieur, l’avis d’une autorité supérieure.

Soyons honnêtes. Nous avons besoin des autres et de nous sentir bien au milieu des autres. Nous avons besoin de nous sentir en confiance et heureux avec les autres.

Parfois, ce n’est pas ce que nous vivons avec notre propre famille. Notre besoin de la tribu nous pousse fondamentalement à aller cherche la lumière et la chaleur auprès d’autres êtres humains.

Le cœur de tout accompagnement

L’amour, la bienveillance, la bonne volonté et la joie de vivre.

Alors merci à tous les voyants, astrologues, psychologues, coachs, thérapeutes alternatifs du mieux être d’être présents avec leur écoute, leur patience, leur bienveillance, leur compassion pour nous aider tous à nous sentir bien au milieu des autres et à nous aider à avoir de plus en plus confiance en nous et en la nature humaine. Merci de nous montrer l’exemple qu’être heureux c’est possible en le décidant avec conscience, fermeté et beaucoup de courage.

 

7 commentaires sur “Dépendance à la voyance?

  1. Ce qui est triste dans ce genre d’article, c’est que l’on continue d’oposer de manière idéologique (ou simplement mercantile pour faire un article choc) des activités complémentaires que les gens utilisent pour aller mieux.
    J’ai discuté il y a peu de temps avec une psy en milieu hospitalier et elle s’est montrer faussement ouverte à l’astrologie. Pourtant ses patients vont voir des astrologues et il est évident que le travail qu’ils font sur eux se nourrit de plusieurs sources. Mais à l’entendre il n’y avait que le sien qui avait de la valeur.
    Un jour on comprendra que personne ne peut soigner personne malgré lui et que chaque individu se construit par sa démarche, ses choix, ses expériences et ses rencontres personnels.

    1. Oui en plus je suis retournée voir cette article et en couverture il y avait carrément écrit: “Je ne fais rien sans consulter une voyante”. C’est horrible ce détournement pour choquer…
      Quand les accompagnants travailleront tous ensemble sans avoir peur qu’on leur vole leur client, quel bonheur se sera pour l’accompagné… Heureusement, les échanges commencent à circuler entre thérapeutes.

  2. J’adhère complètement à ton positionnement d’accompagner avec bienveillance et tout en laissant tes consultants dans leur responsabilité et en leur redonnant confiance en eux.

    Cela est un vrai apprentissage pour moi, de savoir mettre de côté l’intuition, pour laisser le temps, le cheminement et la responsabilité aux personnes que je suis en Reiki.

    Je sais aussi et j’en ai encore eu la preuve aujourd’hui, qu’il faut aussi une vraie humilité pour accepter de planter juste une graine, une prise de conscience, qui va pousser dans un mois, un an, 10 ans peut-être.
    On est loin dans ce cas du business des audiotels.

    Merci pour ce mini guide de l’accompagnant (éthique)

    1. Oui, accepter la vitesse d’évolution de l’autre, surtout quand on est intuitif et empathique, c’est le plus gros lâcher prise à faire… Et après quel bonheur! ;o))
      Semons des graines, oh oui et faisons confiance à la pluie et au soleil pour faire leur œuvre…
      Merci à toi belle lumière!

  3. Les consultations fréquentes sont liées à un besoin d’être rassuré et vérifier que les “prédictions” sont exactes ou apportent des ressemblances. Mais aussi à une aide et un regard extérieurs, quand il est difficile d’en parler autour de soi. On peut apprendre aussi beaucoup sur soi de ce côté là et vérifier ses ressentis.
    Sur l’audiotel, certains sont honnêtes et ne font pas trainer la conversation, mais d’autres tirent en longueur pour pas grand chose et ne rien apporter…
    Voilà une partie de mon expérience.

  4. On sème des graines que les gens les voient comme des bombes,comme dirait l’autre ils s’attendaient pas à ça.
    L’excès en toute chose est néfaste que ça soit consulter des audiotels à outrance ou voir un psy toutes les semaines pendant x années, c’est une dépendance qui se met en place.
    Pour rebondir, sur les commentaires, oui accepter le temps d’évolution de l’autre est parfois un sacré challenge, surtout quand il est clair qu’il faut tourner les talons et s’éloigner, snif, snif, je vais devoir laisser ma plante si précieuse
    Et pour reprendre une phrase qui était tombée à pic, “on n’engueule pas une fleur parce qu’elle met du temps à s’ouvrir”

  5. quand on a besoin d’être acccompagné , rassuré, soigné, l’espace entre accompagné et accompagnant est un espace de confiance et de création privilégié qu’il est difficile parfois de quitter.
    L’autonomie se reprend en acceptant la liberté de l’autre et il est parfois difficile au “soignant” aussi de laisser le “patient” s’en aller .
    Alors la dépendance s’installe, transformer le lien peut être, le travail des 2 parties ….

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