A comme Attente

attenteNe pas vivre l’instant présent

Nous nous satisfaisons peu souvent de ce qui nous arrive. Nous courrons après des réponses, après le bon chemin, la récompense de notre labeur, le beau chéri musclé, la fierté de nos aînés ou un salaire plus élevé. Mais rien ne vient assez vite et nous voulons toujours plus. Quand nous n’atteignons pas nos buts, nous pouvons avoir l’impression d’être victimes des événements ou des autres.  Nous ressentons des manques ou de la frustration.
Nous avons du mal à nous satisfaire de linstant présent et des cadeaux de la vie. Nous avons toujours plus de besoins à assouvir et beaucoup d’attentes. Il se passe souvent des années avant que nous nous en rendions compte. Les attentes que nous avons sur les autres ou sur la vie nous paralysent et nous empêchent d’être heureux. Elles nous éloignent de nous, de nos actions, de notre capacité à nous écouter, à nous satisfaire par nous-mêmes, voire même à avoir confiance dans notre pouvoir créateur et dans celui des autres.

Le formatage de l’individu

Depuis des siècles, la société nous modèle dès l’enfance. Elle cherche à gommer les expressions naturelles de l’enfant et ses envies personnelles considérées comme des caprices. Ainsi sommes-nous formatés pour entrer dans le cadre de la société et ne pas faire trop de vagues. Cette éducation castratrice a empêché nos parents de nous voir tel que nous étions, des êtres uniques avec nos particularités et nos dons précieux. Nous avons manqué d’amour et simplement d’acceptation de notre différence.

Depuis, c’est comme si nous espérions la reconnaissance de nos parents. En attendant, nous n’avons absolument pas développé la confiance en nous et nous ne connaissons pas notre mission d’âme.

Difficile de reconnaître nos attentes, parce que nous les camouflons bien profondément en nous depuis tout petit. Même si elles sont devenues silencieuses, elles polluent notre vie d’adulte. Ces attentes inconscientes nous laissent le sentiment de n’être jamais comblés. Demeure cette sensation de vide dans notre vie, comme si nous ignorions notre mission. Nous avons peur de passer à coté du bonheur.

Comprendre notre frustration

Un jour, nous nous alarmons de ne pas trouver la paix de l’esprit. Nous commençons à lire des livres de développement personnel. Nous appelons aussi des voyants à la rescousse en espérant qu’ils nous annonceront la fin du tunnel, la chance qui nous sourit ou l’arrivée du bonheur comme par miracle. Et rien ne bouge. Nous finissons par pousser la porte d’un thérapeute pour comprendre notre manque d’épanouissement.

Nous faisons aussi cette démarche quand nous voulons comprendre pourquoi nous avons fait un burn-out et que nous avons perdu la motivation de travailler. Nous étions des bêtes de somme.

Quand nous commençons un travail sur nous, nous nous apercevons que nous attendions beaucoup des autres, de nos enfants, de nos amis, collègues ou thérapeutes… En continuant à tourner le regard vers notre passé, nous découvrons avec stupeur et déception que nous n’avons jamais été reconnus par nos parents avec nos spécificités et nos dons particuliers,nous avons été plutôt jugés et critiqués. Ils nous demandaient d’entrer dans une normalité lisse et sans saveur alors que nous avions besoin d’exprimer notre différence, notre unicité, notre essence, notre piment. Nous avions envie d’être choyés, aidés, gratifiés, encouragés, reconnus par ces adultes en qui nous avions toute confiance… Alors nous avons essayé de leur faire plaisir. En grandissant, nous avons projeté notre besoin d’être réparés par nos référents, sur les représentants de l’autorité qui les ont remplacés : instituteurs, conjoints, patrons, thérapeutes…  Nous avons trouvé bien entendu des partenaires qui allaient jouer le jeu et donner le change un certain temps. Nous convoitons inconsciemment, grâce à leur aide, la sortie des embûches, la solution à tous nos problèmes, la lumière vers le bon chemin. Nous attendons d’eux qu’ils prennent la responsabilité de nos aînés sur leur épaule : nous accompagner en nous protégeant, nous aider à trouver notre potentiel, nous pousser à exprimer notre unicité et notre créativité. Nous comptons beaucoup sur eux. Beaucoup trop. Nous continuons, tels des enfants, à attendre que papa enlève les petites roulettes de notre vélo pour partir à l’aventure de la vie. Nous persistons à nourrir d’espoir notre besoin de sécurité et d’encouragements dispensés par une autorité extérieure. Nous ne nous autorisons pas à entrer dans l’action et à assumer d’être qui nous sommes. Nous ne sommes pas reliés à notre corps.

Nous estimons que les personnes qui nous aiment, conjoint, meilleur ami, enfant, supérieur hiérarchique, doivent être là inconditionnellement pour nous guider vers notre épanouissement. Nous attendons qu’ils nous tendent la main. Ces autres ne peuvent malheureusement, en aucun cas, remplacer les manquements de notre famille. Même si nous avons trouvé des personnes qui sont comme les clones de nos parents, et qu’ils acceptent pour un temps de combler nos attentes, ils ne parviendront jamais à faire cette réparation. Nous l’attendons en secret, spécifiquement, de nos parents.
Et nous finissons par souffrir, par avoir l’impression de ne pas être aimés, d’être rejetés à nouveau. Nous ne trouvons pas notre place dans nos groupes d’amis. Nous ne sommes pas à l’aise dans un dîner. Nous avons l’impression que notre compagnon ne nous aime pas suffisamment… Les émotions et les sentiments se bousculent et nous déstabilisent. Les situations se répètent. Nous commençons à souffrir et à déprimer. Nous avons le sentiment d’être rejetés, abandonnés, humiliés ou trahis à répétition.

En reproduisant les mêmes schémas, nous identifions alors que quelque chose ne va pas. Ces histoires finissent toujours mal. Et, petit à petit, accompagnés par un professionnel, nous nous rendons compte, avec le temps, de nos attentes. Nous en avons tous. C’est comme si nous espérions une autorisation pour entrer dans notre vie, pour passer la porte et nous sentir heureux de vivre, pour oser faire ce que nous rêvons de faire. Nous avons peur du jugement des autres et toujours besoin de leur accord. Il nous faut du temps pour y arriver et dépasser ces attentes.

Non-acceptation de notre différence

C’est douloureux à voir car, dès que nous nous en apercevons, nous prenons conscience qu’elles ne peuvent être comblées par nos parents ou par nos proches. L’espoir de réparation s’étouffe en silence à l’intérieur, et cela fait mal. Nous comprenons que nous devons compter sur nous avant tout et que nous allons devoir nous réparer. À quoi bon. Nous nous sentons bien seuls. D’ailleurs, nous agissions déjà tous seuls avant.
La différence, c’est qu’auparavant nous faisions tout cela pour plaire, pour être appréciés et reconnus. Nous n’avons pas répondu à nos envies mais tenté de satisfaire pour ne pas décevoir. Nous avions le fantasme d’être jugés dignement, d’être appréciés par les autres. Et là nous nous rendons compte que nous souffrons de leur regard.

Maintenant nous allons devoir le faire pour nous, pour trouver notre place, pour être heureux, même seuls. Nous allons devoir devenir notre propre référent. Perdre l’espoir ultime d’être aidés, reconnus, gratifiés est peinant. Nous allons devoir deviner et concrétiser nos envies, celles que nous avons oubliées depuis longtemps. Nous avions tellement cru que ces autres les trouveraient pour nous que nous avons stoppé nos recherches personnelles depuis bien longtemps !

Nous sommes restés dans l’attitude de l’enfant qui recherche l’appui et l’attention du parent. Et cette absence d’égalité d’être à être, d’adulte à adulte, ne peut que générer de la culpabilité, puisqu’il y a un rapport de force, de hiérarchie, d’autorité, de supériorité de l’un sur l’autre.
Nous avons besoin du regard des autres, de l’approbation de nos pairs, d’amour inconditionnel… Un jour, il va bien falloir admettre que ces adultes, qui nous encadraient et nous ont élevés, n’étaient pas à notre écoute parce qu’ils ont eux-mêmes été coupés de leur essence, lorsqu’ils étaient enfants.

Pour nous, ils demeurent ceux qui nous ont vu naître, qui nous ont élevés, qui ont fait du mieux qu’ils pouvaient. Ils ont échoué. C’est difficile à admettre. C’étaient eux qui devaient nous montrer le chemin, nous ouvrir la route. Quand nous les faisons descendre de leur pied d’estale, nous nous sentons enfin humains et normaux. Nous avons enfin le droit de faire des erreurs puisque nos parents en ont fait. Nous allons pouvoir entrer dans l’action.

Regarder les imperfections de nos parents fait mal, nous perturbe et nous déstabilise. Nous avons été élevés pour être des supers héros. Nous préférons persister à croire qu’ils ont bien fait, qu’ils nous ont aimés, qu’ils étaient des êtres parfaits, nos supers héros. Nous pouvons aussi les détester de leur absence.

Quoi qu’il se soit passé, une fois adultes, nous ne restons pas indifférents à leur comportement d’antan. Avoir un affect aussi grand démontre un lien très fort, un sentiment d’abandon ou de rejet qui a créé une dépendance, une attente cachée vis-à-vis d’eux.

« J’aurais aimé qu’ils me comprennent. », « Si seulement ils comprenaient ma vie!».

Que nous les adulions ou les haïssions, nous ne coupons jamais définitivement le cordon ombilical, ni dans un cas ni dans l’autre. Nous grandissons avec nos attentes d’enfant.

Le renoncement à la reconnaissance de nos aînés

Accepter d’y renoncer est douloureux. Cela réveille les émotions désagréables stockées dans notre corps lorsque,petits,nous étions sans défense. Le renoncement met en lumière le besoin d’abandonner les peurs et le manque de confiance en nous. Il nous demande de nous positionner dans nos valeurs, d’avoir foi et de compter sur nous aujourd’hui. Cela implique de lâcher prise sur nos peurs et de chercher notre place au milieu des autres.

Quand nous observons nos fonctionnements et prenons conscience de nos attentes, passée la déception face aux faux espoirs de bonheur, au-delà des déstabilisations émotionnelles, nous pouvons nous connecter petit à petit à notre être intérieur. Le travail sur le corps est primordial à ce moment précis. Il permet de nous relier à nous, de voir notre vie avec un plus grand discernement et plus de calme, de regagner notre force intérieure,de nous ressourcer et de devenir un être humain unique. C’est une renaissance.

Ensuite nous commençons à construire notre vie à notre image. Nous ne sommes plus touchés par le regard et le jugement des autres. Nous connaissons notre valeur humaine et sommes de plus en plus intègres. Nous sommes conciliants vis-à-vis de nos actions et de nos échecs.

Nous nous donnons le temps de vivre nos expériences et d’en tirer les leçons.

Abandonner nos attentes n’est pas la fin du monde. C’est renoncer à l’approbation des autres. C’est la fin de notre état infantile et le début de la liberté.

Se sentir libre d’exister par soi-même est un vrai bonheur. Se sentir vivant et maître de soi fait de nous des êtres heureux, parce que nous sentons, au fond de nous, que tout est possible. Nous pouvons avancer à notre rythme, exercer notre libre-arbitre, chercher nos envies profondes et bâtir nos projets.
L’être humain a des ressources insoupçonnées et colossales. Faites en l’expérience par vous-mêmes.
N’attendez plus le messie et saluez la partie divine qui est en vous.

12 commentaires sur “A comme Attente

  1. Bonsoir et merci Marie- Laure pour cet article très parlant et motivant!!

    Bon j’avance en fait!! J’en suis au chapitre 5 avec une envie forte de balayer

    mes vieux schémas et de renaître en profondeur!!

  2. Voici ma phrase que je repete tous les matins je veux une energie avec une force apaisante ,sereine,tranquille,heureuse,joyeuse,remplie de facilite,de prosperite,d abondance avec la generosite de la vie.je veux etre posee en toute pensee reflexion et agissement pour trouver la bonne reponse avec l aide de l univers merci merci merci la vie . J avance et je vais de l avant simplement

  3. Bonjour Marie Laure,
    que dire encore une fois d’autre que merci, pour moi c’est un petit rappel, oui j’ai commencé à avancer avec les étapes décrites, nos parents!, ce manque!,peut-être que la perte de ceux-ci très tôt dans notre vie, nous fait prendre conscience de ce que tu dis, plus vite, pour moi les prises de consciences se font peut être plus violemment, car cette réalité c’est fait ressentir plus tôt aussi, mais le chemin parcouru et beau, être en paix avec soi et ses ancêtres est, je le constate régulièrement, un cadeau que nous devons nous offrir, pour arriver à nos buts quel qu’ils soient.
    Merci de ses partages

  4. Ca alors…….coincidence ou providence…, c’est juste ce qui m’arrive depuis une quinzaine de jours….. je me sens beaucoup mieux depuis que j’ai décidé de ne plus attendre des autres,ni d’être dans l’impatience des jours suivants en espérant que mes problèmes soient réglés. J’ai décidé de me laisser porter, j’éprouve vraiment un sentiment “de liberté”…..et de bien être.
    Pourquoi ais-je attendu si longtemps…..
    Merci Marie-Laure, quel bonheur de vous lire…..

    1. Merci pour votre commentaire vivant! votre expérience confirme bien cette libération quand nous cessons les attentes! Bonne rentrée!

  5. Bonjour,
    J’aimerai bien participer au jeu “une voyance offerte” . J’ai tiré la carte A comme attente…Je suis toujours dans l’attente.. de votre article j’ai surtout été interpellée par “pour être heureux même seuls” . Merci pour ces écrits.♥

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