J comme Jugement

jugement-par-m-l-staudtNous avons du mal à vivre l’instant présent en percevant la vie à travers nos sens et nos ressentis. Adultes, nous sommes tellement conditionnés par notre passé et par notre entourage que nous rencontrons quelques difficultés à accueillir la vie avec simplicité et le cœur grand ouvert.

On nous a inculqué, petits, de ne pas faire de vagues. Alors nous avons pris l’habitude, depuis l’enfance, de lisser nos états d’âme afin de rester dans la norme et d’éviter d’être déstabilisés. Adultes, notre vision du monde passe d’abord par le filtre de notre mental qui classe tout selon des critères bien établis et range ensuite les événements dans des cases pré-étiquetées. Nous sommes incapables d’exprimer spontanément ce que nous ressentons, par peur du jugement. Nous nous montrons forts devant les autres.

Du coup, lorsque nous vivons un état désagréable, nous n’avons pas le réflexe de prendre le recul nécessaire pour le ressentir en profondeur. Et, au lieu de nous interroger pour comprendre pourquoi cette situation, cette phrase, ce lieu, cette rencontre ont provoqué une émotion ou une déstabilisation, nous regardons aussitôt à l’extérieur de nous pour trouver un coupable. Par peur d’être mal aimés ou jugés sur la raison de notre mal-être, nous nous coupons de notre ressenti et, la plupart du temps, nous renvoyons sur l’autre un jugement chargé de notre état “négatif”. L’autre devient à nos yeux le responsable. Nous enchaînons les accusations. Cela ne règle rien mais nous éloigne du problème réveillé par l’émotion dérangeante et nous évite d’être mal vus. Nous avons mis notre problème sur la tête de l’autre.

Pourquoi jugeons-nous?

Nous ne savons pas être de simples observateurs de nous-mêmes et du monde. Nous avons encore moins l’habitude de prendre le temps de comprendre nos émotions ou ce que l’autre suscite chez nous comme état. Alors nous réagissons ou attaquons les premiers par un jugement qui coupe court à toute remise en question, afin de ne pas être pris en défaut. Nous détournons l’attention de nous-mêmes pour nous débrancher le plus vite possible de cette émotion négative. Nous ne réglons pas ce « souci » en communiquant simplement, nous entrons immédiatement dans un jugement qui débarrasse notre corps de cette sensation désagréable. L’autre sert d’exutoire à notre malaise.

Le jugement porte notre regard et notre esprit vers l’extérieur et non vers l’intérieur de notre être.

Le jugement élimine toute possibilité de vrais échanges ou d’ouverture pour comprendre, régler et nettoyer cette sensation gênante que nous avons éprouvée en nous-mêmes vis-à-vis de l’extérieur.

Le jugement est un moyen habile d’éviter de reconnaître notre responsabilité personnelle : il nous occupe à critiquer la paille dans l’œil du voisin. C’est une bonne échappatoire qui nous aide à fuir l’introspection.

Nous jugeons l’autre qui n’est pourtant que le miroir de nous-mêmes. Le jour où nous comprenons cela, nous faisons un grand pas vers nous et pouvons enfin commencer à démanteler notre ego. L’autre n’est que le reflet d’une partie de nous-mêmes.

Quand nous accueillons les émotions négatives, que nous les laissons nous traverser, nous n’avons plus besoin d’être dans la réaction ni dans le jugement envers les autres ou envers nous-mêmes. Quand nous prenons la vie comme un laboratoire géant où nous avons le pouvoir d’expérimenter  qui nous sommes, où nous apprenons à grandir à travers nos expériences, nous acceptons alors de faire des erreurs sans nous culpabiliser.

Avec de l’amour

Lorsque nous acceptons de nous voir avec amour et compassion, quand nous n’avons plus peur de déplaire aux autres, nous sortons du jugement. Partager nos états, dire ce que nous ressentons, nous recentre sur qui nous sommes. Cela coupe court à tout jugement extérieur et nous positionne dans notre rôle d’adulte. Plus personne ne peut nous déstabiliser longtemps. Le jugement disparaît peu à peu de notre expérience d’être humain et nous sommes alors branchés sur le cœur.

Le secret pour en sortir?

Accepter de vivre pleinement ses émotions et s’interroger quand elles nous déstabilisent. Comprendre que, adultes, nous avons plus de possibilités et d´amplitude pour agir que lorsque nous étions des enfants sous la protection des parents.

Quand je sens un état désagréable, je prends le temps de ressentir l’état émotionnel qu’il suscite, de repérer la situation qui l’a provoqué, de voir son antériorité. Je peux alors comprendre la souffrance ou la peine que ce présent réveille en moi. Je peux me protéger moi-même et agir pour sortir des difficultés. Je peux choisir une autre parade que la peine, les non-dits, le lissage, la fuite et la souffrance. Aujourd’hui, je peux assurer mon présent en adulte responsable.

Si nous choisissions de cesser d’être dans le jugement pour dire simplement ce que nous ressentons ? La vérité est toujours bonne à dire lorsqu’elle est dite avec le cœur.

6 commentaires sur “J comme Jugement

  1. C’est difficile car nous avons été formatés avec, il faut juste se connecter
    avec le coeur et tout devient plus léger, la lumière est là pour tout apaiser!

  2. Il va falloir que j’arrête de me juger alors…Merci Marie-Laure pour cet outil de relience. je vous souhaite une très heureuse année à continuer de répandre paix, douceur, et harmonie dans votre Oeuvre.

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